Mer des Caraïbes,Nord du Honduras,
16°53.164N//86°33.764W
En route pour Panama…
2ème jour de mer, parti hier de Xkalak au Mexique pour remonter la mer des Caraïbes contre vents et courants. J’avais attendu du N/E pour rendre possible ce voyage qui doit me mener à Panama situé à l’Est, S/E mais j’ai un gros défaut, je suis impatient !!! Résultat, je suis parti avec du vent d’est dans la gueule mais ça va il est pas trop fort et ça doit tourner favorablement dans les prochains jours. Pour l’instant, j’avance péniblement avec voile et moteur en appuie et en faisant du S/E qui me dirige sur la côte nord du Honduras, ce qui ne me va pas du tout. Mais, la mer est belle, je lis à longueur de journée, en ce moment c’est « Rouge Brésil » qui encore une fois, relate les conneries des guerres de religions. Le monde serait si paisible sans ces conneries de dieu… Mais ce n’est que mon opinion personnelle…
Je continu mon activité d’apprentissage de marin « au grand cours » : Aujourd’hui, j’ai enfin pris le temps d’apprendre à me servir de mon beau radar tout neuf qui trône au dessus de ma table à carte depuis plus de 8mois…Je connais à présent, la procédure pour mettre l’alarme et pour le fonctionnement intermittent ! Je sais, ce n’est pas trop difficile mais quand on ne parle pas anglais et que bien sur, toutes les notices sont en anglais…C’est un vrai bonheur ! Ce soir, j’aperçois les île du Honduras, Guanaja et Roatàn. Je m’y arrêterai peut être lors de mon prochain TDM…
05/04/07, Mer des Caraïbes, N/E Honduras 16°20,099N/84°49,787W Le vent nous a oublié ! Depuis hier soir, 23H, je n’ai plus que 7 nd de vent d’est, donc moteur à petit régime pour quand même avancer. Il ne faut pas se plaindre je pourrais avoir du 20 nd de face mais s’il était de 15 nd de nord/est, comme ce qu’il est prévu depuis hier, se serai mieux…Ca n’a pas l’air de vouloir changer et je sens bien faire du moteur jusqu’à Panama !!! On verra bien. Ce matin, j’ai reçu un appel de mon pote Pascal de Martinique qui aimerai bien me rejoindre à Panama pour effectué le passage du canal avec moi, un vieux rêve d’enfance…Si ça se fait, se serai bien cool de le revoir et de passer quelques jours ensembles. La Martinique me parait si loin déjà et elle me manque tout de même un peu, enfin c’est surtout les amis qui me manquent…
Je continu à stresser pour le passage du canal, toutes ces taches administratives à effectuer dans des langues étrangères sont pour moi, des obstacles bien plus grand que de traverser des mers. Il s’agit pour ce cas précis, d’arriver à faire les formalités sans me faire trop niké et aussi à trouver 4 mecs, sur, qui passerons le canal avec moi (c’est obligatoire) mais surtout qu’ils ne me plantent pas à la dernière minute, car sinon, ma caution tombe (850$). Il faut aussi que j’arrive à faire réparer mon pilote auto, mon récepteur BLU et la fabrication de mes dérives arrières … Bref j’ai de l’occupation en perspective !!!
06/04/07, Mer des Caraïbes, Est du Honduras 15°15,749N/82°52,643W J’ai commencé ma descente vers Panama, car j’ai enfin atteins la pointe N/E du Honduras, frontière avec le Nicaragua, et je plonge dans un labyrinthe de cayes et d’îlots. Le vent est toujours absent et le moteur n’a jamais été coupé depuis le départ ! Je commence même à avoir du vent d’Ouest !!! Ce matin, j’ai remis du gasoil dans mon réservoir grâce à mes gros bidons de réserve, mais il faut absolument que le vent se lève car je n’en aurais pas assez jusqu’à Panama. La mer est un véritable lac, pas une ride, elle s’étend à perte de vue, et je m’occupe en effectuent des bricoles que je n’ai jamais eu le temps de faire. Hier, je me suis attelé à passer un câble électrique de l’avant à l’arrière du bateau qui me servira à actionner le guindeau électrique depuis mon poste de barre. A présent que je suis seul, je me débrouille…Aujourd’hui, j’ai collé des bandes anti-dérapantes sur mon grand hublot Goïot à l’avant du mat qui me faisait faire à chaque fois, de grandes glissades dignes des plus belles chorégraphies artistiques (pour ceux qui ne savent pas, un hublot en plexiglas est une vrai patinoire un fois mouillé, et sur un bateau, c’est très souvent mouillé !!! En 3 heures de temps c’est accompli, et dire que cela fait 3 ans que ne trouvait pas le temps de le faire !
Entre deux bricoles, je lis encore et toujours. Après les 3 tomes d’Antoine (relecture), « Rouge-Brésil », j’attaque « 7fois le tour du soleil »de Nicole Nealey-VDK. C’est la 4eme fois que je le lis, mais j’adore ce bouquin. Si je suis actuellement en « tour du monde », c’est certainement beaucoup grâce à elle. Vivement que je rencontre un bateau français pour pouvoir leur échanger des livres car en 4 mois, j’ai tout épuisé.
Depuis ce matin, j’ai un copain ! Il s’appel, « Cuicui », c’est un tout petit oiseau qui a élu domicile à bord. Il s'envole toutes les heures pour faire un petit tour autour de nous et puis il revient docilement auprès de moi. Je peux le prendre dans ma main, le caresser, je lui parle et il me regarde avec ces petits yeux noirs. Mais j’arrive pas ni à le faire manger, ni à le faire boire et j’ai bien peur qu’il soit venu à moi pour terminer sa vie...J’ai même essayé mes chips mexicaines… mais rien ! Il est au régime, je crois bien. Je vis actuellement mes lectures, c’est fascinant. Depuis le temps que je lisais des trucs comme ça, avec des oiseaux prenant exil à bord des voiliers de mes auteurs favoris, et voilà, ça m’arrive aussi !!! Je suis le héros de mon futur livre, mais en attendant, le héros de ma propre vie. Je vis ma vie et non, je me laisse vivre. Je peux vous le dire à présent, ce qu'on lit dans les livres de récit de voyage…c’est la vérité. Tout se passe comme ça !
A présent que mon radar à bien voulu me laisser l’apprivoiser, je l’utilise toutes les nuits mais cela est inversement proportionnel avec ma vigilance ! En effet, en mer des Caraïbes où il y a beaucoup de bateaux qui la sillonnent dans tous les sens, on ne peut pas dormir réellement. Pour cela, et je ne suis pas le seul, je fais mes nuits par tranche de 15 minutes. Or, comme par enchantement, depuis que j’ai adopté le radar, je n’arrive plus à me réveiller toutes les 15 min mais toutes les 2 heures !!! Je crois à chaque fois que c’est mon réveil qui n’a pas fonctionné, mais non, il est posé à coté de moi et éteint…par ma main ! Cette nuit, 3 fois de suite et la dernière fois je me réveille en sursaut et je vois accoudé à mon balcon arrière un Indien qui me regarde ! Je lui dis bien fort « Bonjour » et je commence à me dire qu’il n'a rien à faire là (en pleine mer normalement) et que j’ai dû m’échouer !!! Je secoue la tête et hop l’indien disparaît et laisse la place à mon moteur d’annexe qui est posé sur son support sur le balcon arrière…Ouf, ce n’était que mon imagination et je crois que mes lectures hantent mes rêves !
07 /04/07, Mer des Caraïbes, N/E du Nicaragua 13°57,041N/81°50,372W Mon nouvel ami est parti hier, avec la venue du vent. Tant mieux, puisque mes réserves de gasoil commençaient à fortement m’inquiéter. J’ai donc passé le « Main Cape Chanel » à 25 milles du Nicaragua en vent arrière, tangoné SVP !!! Je pense que c’est du jamais vu par ici. Je ne m’en suis pas privé, et j’ai avalé ce canal délicat sur une mer d’huile, à 6 nd. Je ne voudrais pas me retrouver dans ces parages avec un alizé plein est de 25 nd car les fonds varient de 5 à 25 mètres et cela doit provoquer des déferlantes à qui mieux mieux ! Enfin pour moi c’est fait, il me reste plus que 400 milles de sud pour atteindre Panama et le vent à tourner au nord de 13 nd…Le top, que demander de plus ! C’est la perfection !
08/04/07, Mer des Caraïbes, Est du Nicaragua 11°46,877N/80°32,222W C’est troublant comme l’esprit évolue grâce aux situations que l’on vit ! Avant mon départ, il y a quelques mois de ça, quand je devais aller à Margarita ou bien St Martin, qui sont toutes les deux à 250 Milles de la Martinique, je m’en faisais tout un plat, c’était la grande expédition, le grand voyage… et hier, en calculant le nombre de milles qu’il me restait, je note 280 milles et je me dit que je suis presque arrivé, il n’y a plus que 280 milles. Or cela représente encore 2J et demi mais dans ma tête, à présent, c’est absolument rien, une broutille ! Les distances diminuent dans mon esprit et c’est tant mieux ! T
Toujours pas de poisson dans ma gamelle ce midi, et pourtant c’est pas faute d’essayer. Le problème ici, c’est que les dorades sont trop grosses pour ma ligne ! (Ou pour moi !) Hier, la 1ère à tordu mon hameçon, la 2ème, s’est décroché dans ma jupe et aujourd’hui, la 3ème, est partie avec mon rapala ! Ma copine, ma très chère Eole, se porte à merveille. Je crois que je lui ait tapé dans l’œil, elle me souffle un petit air mélodieux de 12 nd par le N/E… Une pure merveille de bonheur. Même dans mes rêves les plus fous, je n’avais espéré une nav comme celle ci.
La mer est mon psy, le vent ma thérapie. J’ai découvert dans mon subconscient le pourquoi du comment sur mon impatience d’être dans le Pacifique. La réponse est simple, c’est dans le Pacifique, à Tahiti en juillet, que je dois retrouver ma dulcinée, Morgane et plus vite j’y serais et plus vite j’aurais l’impression de la rejoindre. Je traverserais des océans pour elle, ma future femme, ma Morgane à moi.
09/04/07, Mer des Caraïbes, Panama 9°59,504N/80°02,454W Voilà, plus que quelques milles et on arrive aux portes du pacifique. Un TDM en fait, il commence ici, car tant que l’on reste du coté atlantique, il est très facile, en trois semaines, de rentrer en France. Alors que, une fois passé Panama, on ne peux plus faire machine arrière, il n'y a qu’une seule issue : le TDM ! Ca me fait un peu bizarre d’être à 9° de latitude, c’est la 1ère fois que je descends en dessous des 10 °. Ma très chère Eole est parti dormir en même temps que le soleil hier soir et c’est au moteur que je fini cette nav.
Comme promit, la valse des navires à bien eu lieu cette nuit avec son ballet d‘alarme de radar et son cortège de lumière rouge, vert et blanche. Il y en avait devant, derrière, à droite, à gauche, j’étais cerné, on m’avait repéré…Et ce matin, avec le lever du soleil, c’est des trombes d’eau qui m'ont accueilli pour mon arrivée, impeccable pour tout nettoyer le bateau et son capitaine, mais au bout de 4 heures, y’en a marre !!! Ca doit être déjà le pot au noir…Enfin, nous voilà juste à l’entrée de Colon, il y a bien les brises lames comme sur les cartes, et il y a aussi énormément de navires, sur leur ancre qui attendent un passage, on dirait l'Anse Mitan, non pas avec ses voiliers au mouillage mais des cargos !!! Je laisse filer la chaîne, je regarde autour de moi, c’est moche, mais ce n’est pas pour ça que l’on vient ici, il y a 35 voiliers autour de moi, peu de français, pas de réseau Gsm, pas de wifi gratos…J’ai beau regarder, je connais aucun bateau… Bon, je vais faire mon premier tour à terre pour trouver internet pour pouvoir mettre à jour le site.