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Le tour du monde du voilier TIMSHEL et de son equipage

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entre Futuna et les Fidji - 01/10/2008

Levuka, île d'Ovalau, Fidji 17°40.828 S // 178°50.164E  01.10.08

Départ de Futuna en douceur, un peu de houle, on s'attend à pire en s'éloignant des îles. Partis pour éviter une dép, car le prochain départ n'aurait été possible que la semaine d'après au minimum. Et le temps n'attend pas, il nous faut bien avancer ! Mais à peine en mer le vent tourne déjà. Zut ! On va tout de même pas tout faire au moteur ! On avance tout doux, tout doucement, l'île a du mal à disparaître au loin. Alors les plans changent. Nous devions nous arrêter à l'abri d'une petite île avant d'arriver officiellement aux Fidji, mais la mer et le vent parfois sont imprévisibles, et une chose est sûre, c'est qu'on ne pourra pas s'y arrêter de nuit ! Tant pis, continuons. La mer est étonnamment belle, pour un peu on s'imaginerait à un mouillage un peu rouleur, quoique vivable. Le vent n'est toujours pas très fort, mais moi je me réconcilie avec la mer qui, ces dernières fois n'a pas été d'une tendresse folle pour moi. Entre Wallis et Futuna je n’avais pas la forme olympique, même si la mer d'après Greg était clémente. Non, moi c'était plutôt bof. Peut-être un peu de fainéantise aussi, pourquoi pas ? Bref, cette fois je vis, cela faisait longtemps. Cela me rappelle doucement mes premières nav que je trouvais loin d'être désagréables, bien qu'un peu tourmentée coté estomac. Là, que du bonheur. C'est beau, c'est bon, et je me sens le mieux du monde en mer. Je m'occupe à faire tout un tas de noeuds marins dehors sur le winch, contemple les nuages qui depuis mon enfance se transforment au grès de mon imagination, je regarde la mer aussi, qui pour une fois ne dépasse pas le bateau.  On met le taud, il fait chaud. Le soleil est mauvais par ici, on en est tous ressorti avec des coups de soleil, bien qu'ayant des peaux habituées à vivre dehors. J'aime quand le soir vient, lorsque le soleil nous quitte doucement, laissant place a un halo de lumière toujours surprenant et si riche en couleur. Très vite le ciel s'obscurcit, le bleu devient plus dense, plus profond. La chaleur redescend et il fait bon prendre l'air vivifiant du crépuscule. Ca y est, après Vénus, c'est une panoplie d'étoiles et de constellations qui s'offrent a nous. Rien à faire, je ne m'en lasse pas. J'essai d'en reconnaître quelques unes, celles qu'on m'apprenait enfant. Et j'en invente, il y en a tant! Sans parler des étoiles filantes qui ne cessent de traverser la nuit noire. Ici, loin des phares, loin des villes, loin des ports, les cieux se dévoilent entièrement. On peut y scruter jusqu'à la plus petite étoile sans plisser des yeux. La visibilité est extraordinaire. Et quand ce n'est pas dans le
ciel que je laisse aller mes yeux, c'est sur les bords du bateau, devant un spectacle tout aussi grand : le plancton phosphorescent. Tout autour de la coque, surgissent de multiples étincelles qui illuminent la mer.  Quand enfin je me lasse un peu, et que mes yeux clignent un peu trop, je redescends sur ma luxueuse couchette intérieure, à droite ou à gauche selon la gîte, et après avoir fait ce qu'il faut pour mon Capitaine, je me laisse aller au sommeil. Parfois, sachant que Greg ne se réveille pas forcement avec les réveils, je mets le mien pour aller moi-même le tirer
de chez Morphée. C'est à ce moment là qu'il faut en général ne pas l'écouter, surtout s'il vous dit que tout va bien sans avoir ouvert un oeil ! Bien que cela porte soi-disant malheur, faut bien que ça serve une femme a bord, non ?
Enfin, une belle nav donc. Accompagnés du bateau ami Oukiok, ce sera photos et films à chaque fois que l’on s'approchera un peu l'un de l'autre. Parfois un peu trop près même, trop occupés à papoter a la VHF entre nous !!! Ah la mer n'est elle pas assez grande ? Mais naviguer à deux est aussi sympa de temps en temps. Au réveil du 2eme jour, c'est croissant et pain au chocolat chaud ! Et oui, même a bord on ne se refuse rien ! Et en plus ça met de bonne humeur. Jaloux ? Mais on ne vous dit pas tout ! Le 30 septembre, à 10h30, entre les îles, nous passons le méridien 180° Est ! Théoriquement, nous voilà donc sur le retour ! Pour fêter ça, ce sera saucisson, cidre, et une belle daurade prise au même moment. L'arrivée sur le territoire Fidjien est intéressante. Tout autour de nous se dessinent des îles, petites et grandes, entre lesquelles nous zigzaguons jour et nuit. Un bel archipel que nous traverserons en 24 heures, avant d'arriver à Levuka, où nous nous rendons pour faire les papiers. Le coin est plutôt pluvieux, et d'épais nuages ne cessent de s'amasser sur les hauteurs des îles. Ca promet un mouillage au sec.
Et nous revoilà dans un tourbillon de formalités comme on les adore ! Fidji, on savait que tu n'étais pas commode à ce niveau là, mais à ce point, je ne crois pas que l’on n’a pas vu pire. Champion du monde ? Tout d'abord, il faut prévenir les autorités Fidjiennes 48h avant notre arrivée sur le territoire, par mail, fax, ou téléphone (c'est sûr qu'on a tous un bureau administratif à bord d'un voilier de plaisance, mais c'est un détail qui ne les arrête pas). Après l'envoi du mail (adresse dispo sur le site en ligne de Jimmy Cornell),  on reçoit un petit accusé de réception pour dire que tout va bien, que c'est dans leur boite. Ensuite, il faut bien gérer l'heure d'arrivée. Entre 8h30 et 16h, sinon, vous payez une taxe supplémentaire ! (et ce, de 7h au coucher du soleil). Vaut mieux être prévenu ! Mais cela ne s'arrête pas là, ce n'est que le début.  Après avoir appelé les douanes à la VHF, sans réponse, on part au quai. Et on entre par la cuisine dans les bureaux des customs. Original. Les Fidjiens sont extrêmement gentils et sympas, douaniers ou pas. Du coup, ils plaisantent avec nous, la vie est cool, on se détend. L'un d'eux nous dira même « relax ! ». C'est dire ! Ici, il n'y a pas le feu, et on va vite le comprendre. On rempli les premiers papiers. Ensuite c'est le mec de la santé qui arrive. Re papier. Et puis petite visite à bord. Ce qu'il cherche ? Mystère ! Nous, il jettera un coup d'oeil furtif en cherchant vainement la salle de bain que, manque de chance, nous n’avons pas a bord. Bref, nous, évidemment, on avait tout caché, ou presque, du moins ce qu'on voulait garder (foie gras et autres). Car ici, selon les formalités officielles, tout est interdit a bord. Boîtes de conserves, perso ou achetées, riz et autres fécules, farine, pain, ouf, gâteau. On en passe. Bref, tout le monde sait que les navigateurs voyagent les cales sèches !
Et bien oui, aux Fidji, quand on est en bateau, on ne mange pas, on ne boit pas. On navigue c'est tout. Finalement, il faudra aller payer à l'hôpital les droits pour la santé (34 $F). Et l'heure passe. Je reste à bord et Greg et Joël d'Oukiok repartent terminer les paperasses. Terminer? A peine à quai, c'est re-papier sur re-papier.. Ca coule, ça découle. Un des agents les suit même toute la matinée, habillé en civil. Il se proclame de l'agriculture. Et lui aussi veut aller à bord. Et encore un aller-retour et 36 $F en moins. Greg sert de taxi. Ca devient moins amusant, surtout quand nos capitaines veulent rentrer manger un bout,  après une longue nav déjà fatigante. Et bien non, ce ne sera pas accordé. On recache, on s'énerve, on devient maussade. Apres inspection, après avoir déclaré que toutes nos conserves venaient de Tahiti, il faut repartir à terre, encore. Un autre mec doit venir à bord. Encore. Les douanes cette fois. Mais voila que notre super douanier, à bord d'Oukiok, découvre qu'il n'a pas ses papiers sur lui. Découvre ? En tout cas, il passera 2h à vider le bar de Joël et d’Anne-Marie. Ce n’est pas qu'ils sont méchants, mais bon.  Nous on nous avait dit que les autorités d'ici, au port de Levuka,  ne venaient jamais à bord, que c'était une contrainte plus qu'autre chose et qu'ils ne voulaient pas se mouiller. A dire vrai, depuis notre arrivée il pleut des cordes, et ce n’est pas ça qui les arrête, loin de là !  Entre deux aller venues, le capitaine du port nous alpage et nous sommes de payer la taxe portuaire ! Allez, 18 $F de plus ! Il est donc 17h30, et les formalités ne sont toujours pas terminées. Qu'il est bon d'arriver dans un pays étranger parfois. Qui a dit qu'on avait la vie facile ?
                                             
Morgane

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B
Hé ! Il faut bien des inconvénients à partir dans les îles sur un bateau, pendant que certains restent pour travailler lol.Superbes photos, ca transporte vraiment !!!
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M
<br /> Merci Guillaume pour ton passage, ca me fait grand plaisir! En esperant que la rentre ce soit bien passe pour vous tous, un gros bisou au reste de la bande.<br /> <br /> <br />
C
Je vois bien que votre vie n'est pas facile; tu écris des lignes et desl ignes en attendant Greg; quel chance !Les photos du CD sont magnifiques. Ta grand-mère se régale. Vous voici réellement dans un autre monde, loin de toutes nos nouvelles lois sans nom et sans sens. Profitez énormément. Ici c'est de plus en plus le désespoir...Bises de Mémé, Hugo, Nour, tous les amis que je vois et Cath.
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M
<br /> Mais non, on est bien dans le meme monde, c'est bien ca le pire petite mam! Gros gros bisous a tout le petit monde.<br /> <br /> <br />