Le tour du monde du voilier TIMSHEL et de son equipage
Nord des Fidji 15°22.602 S // 179°04.624W 29.09.08
Futuna, l'île des amis
Nous voilà sur la route des Fidji, en laissant derrière nous une bien belle escale. Futuna restera dans nos coeurs et dans nos pensées. Les quelques jours dans cette petite île perdue sont passés à grande vitesse par le fait de nos nombreuses découvertes et activités. Dîner chez Frank et Véro, déjeuner chez Cyril et Khadija, ballade en montagne avec Cyril, «boite de nuit » avec toute la bande, et puis excursion découverte dans l' île soeur, Alofi. Ouf, nous repartons. Euh, fatigués ! Mais tellement comblés ! Nous avons eu également le plaisir de découvrir la « coutume » et son si légendaire Kava. En passant en fin de journée devant un « Falé Tavasu », une vingtaine d'hommes présents nous ont spontanément invités au kava. Cette case Tavasu, c'est un Falé communautaire où se déroule de manière informelle, le soir et seulement entre hommes, des réunions. Toute l'organisation du royaume en découle puisque les problèmes rencontrés dans la journée sont exposés, analysés, commentés et des solutions en ressortent. Et le tout en buvant le kava. Cette boisson issue de la racine pilée d'un petit poivrier originaire du Venezuela, est un rituel incontournable dans tout le Pacifique sud ouest. De couleur et de goût rappelant la terre, il laisse derrière lui un picotement sur la langue ainsi qu'un parfum de poivre. Mais on le boit pour ses vertus : apaisant, relaxant, il calme les esprits et permet ainsi un meilleur dialogue. Souvent les « touristes » n'apprécient guère son goût, personnellement, j'aime bien (amateur de poivre.). On est resté une petite heure en leur compagnie, les écoutants parler en Futunien, c'est dire qu'on n'a pas comprit grand-chose, si ce n'est que ça causait beaucoup de « Papalagis » (nous, les métros) !
Notre journée sur l'île d'Alofi fut également riche en découverte. C'est l'île échappatoire pour les profs expatriés, car Futuna reste un caillou et ça doit faire du bien de « partir en Week-end » sur l'île voisine.
D'autant plus qu'elle est très belle, avec ses plages d'une blancheur incroyable et son eau si chaude, très convoitée. Mais Alofi est avant tout inhabitée et reste, pour les Futuniens, leur terrain agricole. Tous les jours, de nombreuses personnes s'y rendent avec de petits bateaux à moteur, pour aller cultiver leur igname, taro, kava, etc. Alofi enfin, appartient uniquement au royaume d'Alo, et seuls ses habitants y possèdent des lopins de terre. La veille, et sur le conseil de Frank, nous nous sommes rendus au « G.I.E» artisanal (groupement d'intérêt économique) d'Alo. Les Futuniennes sont ici des expertes en Tapa. Les Tapas sont des sortes de parchemins locaux, constitués de plusieurs couches d'écorces collées entre elles. De superbes dessins tribaux, d'une précision incroyable, y sont dessinés à l'encre noire d'origine naturelle. Ici, uniquement les femmes possèdent l'art (et certainement la patience) de les faire. Et c'est vrai qu'elles sont douées. Sans mentir, ce sont les plus beaux et les plus minutieux qu'il m'a été donné de voir. Ceux des Marquises pourtant fort réputés, sont loin d'être à la hauteur. Du coup, on s'est laissé tenter et avons acheté un petit modèle, demandé sur mesure. Les filles qui travaillent au GIE sont adorables, après une heure d'explication sur leur travail, elles nous ont
invités à manger ! Leurs Taro sont succulents ! Si vous passez à Futuna, le GIE d'Alo est une étape incontournable.
A quelques heures du départ, il ne me restait plus qu'une dernière grimpette, pour admirer les bateaux vus du haut. Au pas de course, j'ai pu ainsi prendre Timshel et Oukiok depuis le ciel avant un départ imminent. Car Futuna, c'est une montagne surgit des océans. De nos jours, beaucoup d'îles s'enfoncent ou bien c'est l'eau qui monte. Ici, c'est l'inverse, tous les ans, l'île s'élève, permettant ainsi de croire que les Futuniens ont encore de belles années devant eux. Après de derniers cadeaux de Frank (encore un grand merci à toi), nous levons l'ancre, les deux bateaux copains s'éloignent doucement sous les au revoir de Frank, Yves, Cathy et les enfants, venus sur le Wharf pour le départ. Je balance 3 coups de corne de brume, tradition oblige, marche avant, on se dépêche pour ne pas laisser l'émotion s'installer. Bye bye les amis, nous ne savons pas si l’on se reverra, mais cela aura été un grand plaisir de vous rencontrer. Et puis, Futuna, nous te disons à bientôt, car Timshel reviendra un jour dans ton antre, la magie a opéré.