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Le tour du monde du voilier TIMSHEL et de son equipage

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Enfin la coutume fidjienne - 20/10/08

Fidji, Yasawa du sud, Ile de Waya 17°18.620S//177°08.076E   19.10.08

Enfin la coutume Fidjienne !
Adieu villes Fidjiennes ! Adieu foules et routes bruyantes ! A nous les plus belles îles des Fidji, dont nous n’avons que des éloges… On n’en doute pas, n’ayant pas encore eu le privilège de trouver vraiment un bel endroit dans l’archipel. Bref, on est en quête du paradis, au cas où on ne l’ aurait toujours pas trouvé.  Nous sommes donc mouillés devant le village de Natawa, à l’île Waya. Bel endroit, calme, protégé du vent et de la houle. Ouf, enfin un coin pour faire de vraies nuits ! Et nous voilà déjà à terre pour faire la coutume, c'est-à-dire offrir un présent au chef du village pour qu’en échange, il nous accorde la permission de mouiller en ses eaux et de s’y baigner. Toute une affaire ! Mais nous sommes impatients de cette rencontre, qui jusqu’alors nous est inconnue (hormis le bref échange avec le « soi-disant chef » de l’île de Makogai, qui ressemblait plus a un profiteur de circonstance qu’à un homme de raison). Car ici, on ne dit pas chef, mais « Headman ». C’est en demandant à plusieurs personnes vouées à diverses occupations sur le rivage, plus discrètes les unes que les autres, que nous parvenons à nous diriger vers la maison du chef de village, qui se trouve « behind the Church », derrière l’Eglise. Une vielle femme nous conduira jusque devant sa porte, et nous déclarera qu’il se dénomme Tom. A l’intérieur, un vieil homme nous dit d’entrer. Nous ôtons nos chaussures et rentrons dans une pièce où le sol est entièrement jonché de paillasses, tapis et autres nattes. Après s’y être assis à sa demande, en prenant garde de  bien plier nos jambes comme le veut la coutume, nous lui offrons nos modiques présents : une boite de Corned Beef, ainsi qu’un petit sachet de poudre de Kava. C’est avec une grande délicatesse qu’il prendra nos offrandes, entonnant alors une longue prière, accompagnée de nombreux remerciements. Il conclura la petite «cérémonie » par le traditionnel frappement de main, qu’il renouvellera plusieurs fois (signifiant « vinaka » = merci). Nous restons là à le regarder, ne sachant que faire devant cet homme empreint de foi, de sagesse, symbole vivant d’une tradition venue de loin et ayant traversée les âges. Il pourrait pourtant être de ceux qui en profitent pour arracher tout ce qu’ils peuvent au touriste qui vient. Mais il en est rien. Ici, tout respire le respect, le calme, et la résolution. Nous le remercions à notre tour. Mais là encore notre anglais, avec lequel nous parvenons tout de même à nous débrouiller, à faire connaître nos intentions, ne nous
permet pas de pouvoir discuter longuement et sérieusement avec lui. Encore des instants loupés, bien que je ne pense pas qu’il faille s’attarder dans l’antre du chef. Nous nous décidons à prendre congés après qu’il nous ai suggéré de revenir le voir pour prendre un guide si nous voulions grimper la montagne, d’où la vue parait-il est très belle. C’est chose entendue ! Mais le lendemain, la flemme s’est emparée de Timshel et de son équipage… On s’attarde, on traîne, on reste. Bien que dès la première heure de nombreux chants enveloppent le village, nous ne mettrons pas pieds à terre. Les chants devaient provenir d’une célébration particulière car ils n’avaient pas lieu à l’Eglise, comme chaque dimanche. La fête durera toute la journée, et même, bien après le coucher du soleil ! Mariage ? Célébration ? Nous ne saurons pas. Tant pis pour nous. La journée coulera doucement à bord, ce qui reposera aussi le capitaine, épuisé par la civilisation forcée de ces derniers jours. En fin d’après-midi, on observera un va-et-vient incroyable de « barques bus » chargées d’enfants. Ce sont les élèves de l’école primaire de l’île (qui ne compte pas moins de 200 enfants) qui reviennent pour la semaine de cours. Un genre de pensionnat, donnant directement sur une superbe plage de sable blanc, où les pensionnaires jouent des heures. Ca grouille de gosses partout, de rires et de cris. C’est gai.
Sont-ils malheureux loin de nos villes ? A les voir ainsi, j’en doute fort…

    Morgane.

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