Le tour du monde du voilier TIMSHEL et de son equipage
Polynésie, parle moi d'écologie, sept 2008
Polynésie, parlez-moi de préservation de la nature.
Lors de notre passage en Polynésie, qui a duré 1 an, nous avons sillonné les différents archipels et avons constaté une certaine prise de conscience de la population et des administrations, en ce qui concerne l'écologie.
A Tahiti, dans les supermarchés, pas de sacs plastiques à
profusion, juste des gros sacs (quand même en plastique !) payants, ce qui limite un peu leur prolifération dans la nature. On y entend souvent, «notre Fenua (Pays, terre), préservons-le ». Oui, c'est bien beau, mais cela ne se passe qu’à Tahiti. En dehors, dans les autres archipels, les « autorités » sont bien loin et les recommandations ou lois, sont vite bafouées.
La surexploitation des lagons par les fermes perlières est chose classique et aucune action pour mesurer l'impact écologique n'est pratiquée. Belle politique de l'Autruche : « tant que l'on ne sait rien, on ne pourra pas nous le reprocher ». Oui, mais pourquoi, « l'Empereur de la perle » Wan, change d'atoll régulièrement ? Car les lagons ne donnent plus. Après 5 ans de surexploitation, ils sont désertés de tous les sédiments et remplacés par du vide mais aussi par de nombreuses algues tueuses de corail. Aux Gambier, c'est saisissant. Malgré que ce soit un ½ lagon, les algues prolifèrent, les anémones également et le corail se meure, ainsi que les espèces de poissons.
A Mopelia, encore, la perliculture a encore frappé. Ca et là, nous voyons de nombreuses fermes perlières abandonnées. Sur les stations, des milliers de nacres sont encore là, parfois même greffées. Il y a 5 ans, la population comptait une trentaine de personnes. A présent seulement 7 ! On nous a dit que c'était suite à un cyclone que les gens ont pris peur. Peut être, mais le cyclone, c'était bien avant leur départ ! La vraie raison : le lagon ne donne plus rien. En se promenant au bord de l'eau, nous avons été frappés par l'absence de poisson. Et encore plus grave, très (trop) peu de requins. Mais à Mopelia, il y a encore plus éloquent ! Ici et dans les deux autres atolls voisins, se pratique le trafic de tortues. Des Speed-Boat basés à Maupiti viennent y ramasser une trentaine de tortues par voyage et vont les revendre à Bora Bora, Raiatea ou même à Tahiti, jusqu'à 60000 XPF (soit 600 euro). Je comprends mieux, comment ils se paient de si jolis bateaux ! Ca rapporte bien. A Mopelia, la tortue est depuis peu en bien moins grande quantité, mais sur l'atoll de Scilly, c'est l'hécatombe ! Et les autorités ? Et bien, elles sont à 500 kms, soit bien trop loin de leurs salons climatisés.
Alors voilà, Polynésie si belle, toute en couleur, vous voulez préserver votre « Fenua », commencez donc par la préservation de votre « Moana » (l'océan).