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Le tour du monde du voilier TIMSHEL et de son equipage

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Palmerston, l'atoll oublié, 25.08.2008

Palmerston, île cook   18°02.833 S // 163°11.573 W     25.08.08

 

Palmerston, l’atoll oublié

            

La Polynésie est derrière nous, Timshel avance doucement vers d’autres civilisations… Nous avons réussi à nous arracher de Mopelia, départ groupé avec Oukiok, mais eux prennent la route du nord, vers Suvarow et nous la route du sud, vers Palmerston. Nav plutôt tranquille, avec un vent faible à moyen, mais on compose tant bien que mal avec une houle croisée assez chiante pour nos estomacs pas encore amarinés. Dur dur pour Morgane, pour sa première « longue nav ». Le métier entre petit à petit… Et oui, on n’a pas un métier facile ! Apres 5jours et 530 milles, nous voilà donc rendu à Palmerston. Vous ne connaissez pas ? C’est normal, trop petit, trop reculé, trop isolé, trop trop trop… Non pas trop, parfait justement. Palmerston, c’est avant tout une histoire atypique. En effet, en 1863, William Marsters, citoyen britannique, s’installa dans l’île avec ses trois femmes Polynésiennes et fût « oublié » par la société qui l’embauchait pour y ramasser des cocos…  Mais Marsters s’acclimata fort bien à l’île et il développa une mini civilisation grâce à ses enfants au nombre de… 27 ! (3 femmes, n’oublions pas). Depuis, seuls les Marsters peuplent l’île qui en sont les uniques propriétaires. Sa descendance serait aujourd’hui de 2000 personnes ! Habitués aux échanges et aux navires de passage, les habitants ont comme habitude de très très bien accueillir les voiliers. La tradition veut que chaque bateau se fasse recevoir par une famille qui en a alors « la charge » durant tout son séjour. C'est-à-dire, qu’ils viennent te chercher à bord, tu manges chez eux, ils te promènent, etc.…

Quant à nous, à peine arrivés, une barque s’est dépêchée pour nous guider jusqu’à l’emplacement des corps morts (installés par leur soin, pour nous…). C’est Edouard (Marsters bien sur) qui sera donc notre hôte. Il nous explique que la personne qui s’occupe des formalités viendra à bord dans la matinée. Dur retour à la réalité pour nous. Après un an de Polynésie, nous revoilà dans des pays où seul l’Anglais est compris ! Ahhhhh j’en ai marre de ne rien comprendre, c’est si frustrant. J’ai tellement de choses à leur demander, tellement de questions sur leur vie, leur coutume, tellement de pourquoi qui reste sans réponse. Candidat au tour du monde, si vous avez une chose à avoir dans vos bagages lors du départ, ce n’est pas un beau navire, un gros moteur, de belles voiles ou un beau billet d’avion, la chose la plus importante, c’est de savoir parler Anglais. Moi qui était si pressé de partir, j’aurais du perdre un an et m’y mettre à fond. On rate tellement de chose sans cette putain de langue. Tant de rencontre que je n’ai pu faire, tant d’échange. Ahhhhhhhh, c’est nul. Bref.

De retour sur nos malheureux efforts pour comprendre des brides de conversation. Ca parle à la VHS… Merde, on ne comprend vraiment rien… Nous sommes trois bateaux arrivés presque en même temps et en voilà un 4ème, c’est Océalis, un Catana Franco-américain rencontré à Bora puis Mopelia. Ouf, ils nous seront d’une grande aide pour la compréhension à venir. Merci à eux.

Edouard, nous amène les deux personnes du « custom » pour effectuer les formalités. Ca c’est nouveau, avant il n’y en avait pas… Grrr, rançon du succès de l’île, chaque année, c’est 60 voiliers qui s’y arrêtent à présent. D’où, une nouvelle ressource… Et hop, comment s’échappe 70 US dollars pour … 3j !!! Ce qui en fait mon escale la plus chère depuis mon départ !!! Mais ca me fait moins mal, car ici, c’est pour le bien de la population et non de fonctionnaires corrompus.

Edouard revient vers midi, pour emmener tous le monde (4 bateaux donc) à terre, pour une visite de l’île. Le village (la « ville » comme ils disent !) se trouve sur le motu le plus proche de nous. On y accède en passant par la « grande passe » ! Petite cassure dans le reef, étroite et peu profonde (1m à marée haute). Quelques voiliers y sont rentrés, des catas de moins de 44 pieds. Nous, on voulait, mais là, je préfère m’abstenir. Finalement, le mouillage à l’extérieur bien que très rouleur, est pas si mal. A terre, on découvre une mini civilisation, avec bien sûr, en dur et très bien entretenu, l’église. Et puis juste à coté, la Tombe de William Marsters ainsi que sa maison faite en bois récupérés sur les navires s’éventrants sur la barrière de corail. Détails surprenant après la Polynésie, tout ici inspire le propre, le rangement, l’organisation. Dans les rues (de sable), rien ne traine, tout est soigneusement nettoyé, héritage de la rigueur Anglaise…

La population est ici peu nombreuse : 7 femmes, 9 hommes et puis….30 enfants !!! Aujourd’hui, c’est le partage des Pailles en queue . En effet, sur un des motus, ces oiseaux nichent à même le sol et un fois par mois, les familles y vont ramasser les bébés… Puis, le partage est effectué après de savants calculs, entre les familles. Je vous laisse deviner la destinée de ces mignons petits oiseaux…

Le lendemain, c’est dimanche… Et donc la messe !!! Incontournable. Edouard à 8h30 est là pour nous y amener… Pantalon, chemise pour les hommes, robes pour les femmes mais les tongues ou les pieds nus sont acceptés… Ces dernières, ont même le droit au prêt de magnifiques chapeaux. Me voilà pour la première fois de ma vie, à la messe !!! Pour une fois que ça me dérange pas trop de ne rien comprendre…  c’est en Anglais. Les chants sont très beaux, les Hommes ont de puissante voix de baryton… Digne d’un opéra. A midi, repas majestueux chez Edouard et Simon (son frère), qui nous gâte avec un tas de bonnes choses. Merci à vous, nos Hôtes, pour ce beau repas et votre grande générosité. Ca fait du bien de voir tant de gentillesse. Et pourtant, la vie doit être dur ici, entre les cyclones qu’ils se prennent tous les ans et puis, avec seulement leur deux ravitaillements par an…

Et enfin aujourd’hui, c’est repos. On commence à penser au départ, peut être ce soir… Les jours s’étirent, il faut avancer. Prochaine étape, Niue, encore une petite ile à peine visible sur les cartes. Un des pays le plus petit au monde…

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Palmerston, visitez le site suivant :  http://palmerston.island.over-blog.com/
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