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Le tour du monde du voilier TIMSHEL et de son equipage

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07/06/2007

Océan Pacifique Rapa Nui 27°08.588 S//109°26.028W  07/06/2007
 
Je suis l’homme le plus heureux du monde…
 
A l’age de 9 ans, je suis allé voir, dans la petite salle paroissiale de la mairie de ma commune, avec ma classe, un vendredi soir, une projection conférence, sur l’île de Pâques. C’était il y a 23 ans, et depuis ce jour, mon rêve de voyage s’appelait Rapa Nui. Et en ce jour du 08 juin 2007, mon bateau est installé dans le minuscule port de Hanga Piko, et moi je foule la terre volcanique de cette île en admirant ces majestueux Moaïs. Je viens de réaliser mon plus vieux rêve, je suis L’HOMME LE PLUS HEUREUX DU MONDE !!!!!!!!
A quoi sert il de vivre si l’ on ne peut réaliser ses rêves.
L’île de paques… enfin ! Juste ces multitudes appellations sont déjà une incitation aux rêves… Car ce bout de terre perdu dans le pacifique sud s’appelle donc l’île de Paques, mais aussi Easter Island en anglais, Rapa Nui en Polynésien et en Pascuan, Mata Kite Rani qui signifie « des yeux regardent les étoiles » en vieux dialecte Pascuan mais encore Kairagi et enfin Te pito no te henua (le nombril du monde) en Maoris. Ouf, j’ai fini !
Mais avant de vibrer de joie comme en ce moment, la journée d’aujourd’hui fut riche par sa diversité d’émotions ! Pêle mêle, cela donnerait : Angoisse, énervement, lassitude, espoir, abandon, désespoir, sursaut d’espoir, stress, joie, sérénité… 
J’avais rendez vous, ce matin à 8H30, pour un contact VHF avec l’armada Chilien, pour savoir enfin si je pouvais entrer dans le port de Hanga Piko. A 10 h, toujours rien, pas de news, silence radio. Mais je vois arriver, un homme dans une annexe. C’est Adrien, du voilier Pagos, qui est dans le port de Hanga Piko ! Il  est avec sa femme et ses deux enfants et sont arrivés quelques jours avant moi. Ils vont devoir rester ici un peu plus longtemps que moi car ils ont cassé leur étai en venant. Il me propose de venir avec lui, voir Hanga Piko et la personne qui « gère le port ». A partir de ce moment, tout va se passer en Anglais, ce qui ne va pas réellement me permettre une meilleure compréhension…Une fois dans le port, je comprends, qu’il n’y a que 2 places pour les voiliers et les deux emplacements sont pris par Pagos, le bateau de mon nouvel ami Adrien et par un voilier qui appartient à Francisco, un chilien habitant ici. Je me désole donc car je ne sais pas quand une place sera disponible… Adrien me ramène donc a Timshel et me dit qu’il va essayer de m’aider. De mon coté, j’essaie encore une fois de contacter l’armada, pour effectuer mes formalités mais toujours rien, personne ne me répond. Hier, j’ai appris un nouveau mot en espagnol : espérar. Cela ne veut pas dire espérer comme je le pensais, mais attendre… Un mot important ici !!! De plus, Adrien, m’a apprit que je me suis encore planté de changement d’heure. Normalement, l’île est située à la limite entre GMT-7 et GMT-8. Manque de bol, ici, ils sont à l’heure du Chili, GMT-6 et je suis en décale de 2 heures ! A 11H30, de ma nouvelle heure, arrive un gros semi rigide avec à son bord, 9 personnes, se sont les autorités. Une demi-heure plus tard et beaucoup de pages de dictionnaire tournées, les formalités sont bouclées mais personne n’a pu me dire si je pouvais rentrer dans le port. Je commence à comprendre, qu’il n’y a, en fait, personne qui gère ce port. J’aimerai bien aller à terre, mais je ne peux pas laisser Timshel seul, il y a de la houle et surtout 30 nds de vent qui donne de violentes secousses dans ma chaîne. Le risque est vraiment trop grand, la seule solution c’est ce port.
    16 H, mes amis du bateau Pagos m’appelle à la VHF et me dit que je peux venir dans le port ! Yesssssssssss. Ils me disent aussi qu’ Adrien vient me rejoindre pour me guider pour l’entrée. Et c’est parti donc, Adrien monte à bord, et j’essaie de remonter l’ancre… Mais bien sûr, pour que les choses soient simples, elle est bloquée au fond, emmêlée dans les roches. Pas de problème pour Adrien, il contact quelqu’un et hop, voilà Francisco et un ami (les proprios du voilier Chilien), avec bloc de plongée, qui en 5 minutes me dégagent ma chaîne et l’ancre est vite remontée. 20 minutes plus tard, Timshel est solidement amarré à Hanga Piko par des énormes aussières car ce port peut devenir un cimetière à bateau si le vent tourne à l’ouest. (J’ai vue des photos, c’est vraiment impressionnant !) Je suis installé à la place du bateau de le-bateau-Chilien-qui-m-a-laiss---sa-place.jpgFrancisco qui, pour que je puisse entrer ici, a fait venir une grue et a sorti son voilier de l’eau !!! C’est bien la première fois de ma vie, que quelqu’un fait sortir un bateau de 11m de l’eau pour que je puisse avoir une place !!! Je crois que je viens d’atteindre le summum du mot accueil, courtoisie. Je ne pourrais jamais assez remercier Francisco pour son geste.Rapa-nui--20-.jpg
       Je peux enfin faire un petit tour à terre, marcher après plus de 15 j sans pouvoir faire plus de 3 pas… Je longe la côte pour atteindre le centre du village, le paysage ressemble à la Bretagne, côte déchiquetée, vent, vagues énormes et pluie…Puis vient la ville, enfin, la cale principale, car il n’y a que ça et je suis interpellé par un couple en voiture. Dialogue surréaliste dont voici le résumé :
-         Bonjour (c’est la femme, elle parle Français !)
-         Holà (moi)
-         Tu es le bateau français qui vient d’arriver ?
-         Si
-         Ca te dit de venir faire la fête demain soir avec nous ?
-          !!! Si, muy bien
-         Ok, a demain, Andy passera te prendre.
-         Muy bien
La voiture repart et je reste sur le cul ! Je suis venu ici pour voir des Moaïs et je découvre une population extraordinaire dont l’accueil est poussé à son maximum de gentillesse ! Je suis aux anges, je suis l’homme le plus heureux du monde, je me sens chez moi, vais-je pouvoir repartir d’ici. Et si ma quête venait de trouver sa fin ?
Je retourne au bateau, dans mon minuscule havre de paix précaire, sous la protection d’un Moaï géant.

Mon-Moai-perso-de-Hanga-Piko--2-.jpg

Rapa Nui, je t’aime…
 
 
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C
hello Greg, ravie de te lire encore une fois... Le récit de ton arrivée sur l'île de Paques m'a donné des frissons et je suis ravie que tout se passe bien!!! Tout plein de bisous et kiffes!!!!Caroline
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G
slt, je suis heureux de savoir a que j arrive a faire reproduire les sensations que je vie...gros bisous ma caro prefere