Le blog de TIMSHEL « around the World »
Vanuatu, enfin un « Non coup de gueule écologique » !!!
Pour ces mois d’octobre et novembre 2008, pour notre rubrique, « coup de gueule écologique du mois », nous allons vous parler, pour une fois, d’un : « non coup de gueule ». Et oui, lorsque l’on voit quelque chose d’intéressant écologiquement, il faut savoir aussi le dire, en parler, le diffuser au plus grand nombre, pour que cela puisse servir d’exemple.
A la fin du mois d’octobre, nous sommes arrivés au Vanuatu, sur l’île de Tanna, à Port Résolution, et ce fût comme pénétrer dans l’île aux merveilles écologiques. Qu’avons-nous vu ? Et bien justement rien ! Non, non, on ne débloque pas… Je m’explique :
Les sentiers, les abords des maisons, la « grande place », les plages, le mouillage (etc…) sont propres, pas de sacs plastiques qui traînent, pas de papiers d’emballage, pas de sacs poubelle oubliés…
Comment font-ils ?
Premièrement, le peuple du Vanuatu ne roule pas sur l’or, la surconsommation à Tanna n’existe pas. On achète uniquement ce qu’on ne peut pas produire. Résultat, peu d’emballage, papiers, plastique divers à faire disparaître ou qui risque de s’envoler.
Deuxièmement, les habitants vivent sous la forme de communauté, chaque personne doit travailler pour le village. Cela se traduit par l’entretien des biens communautaires, la coupe de l’herbe, la construction et la reconstruction de cases. Mais aussi, il faut nettoyer, défricher, astiquer pour le bien de tout le village … Résultat, tout le monde fait beaucoup plus pour le bien d’autrui que par chez nous et le village est clean. Ils n’arrêtent pas le nettoyage sur le seuil de leur porte ! A l’école primaire, c’est la même chose. Dès leur plus jeune âge, on leur inculque l’habitude du nettoyage par l’entretien de tous les locaux.
Le troisièmement recoupe les deux premiers points, peu de consommation entraîne forcément peu de pollution. Ici, pas de tondeuse, l’herbe se coupe aux « coupe-coupe », pas de moto, ni de scooter, mais juste une voiture, un 4X4 qui sert à tout le village. Quelques cases ont un groupe électrogène, mais ils ne l’utilisent que rarement car le prix de l’essence est trop chère… 400 vatu le litre, soit 3,5 euros environ ! Ne sautez pas au plafond devant ce prix, nous aussi nous y arriverons, c’est le désir des pouvoirs politiques… Pollution de l’air donc irréprochable, mais aussi pollution sonore inexistante. Que c’est bon d’entendre le bruit de la nature, les oiseaux qui chantent et le vent dans les branches des arbres de cette belle forêt primaire.
Petit bémol toutefois, car pour cuire les aliments, ici, il n’y pas de réchaud au gaz, mais le traditionnel feu de bois. Ce qui entraîne nécessairement la coupe des arbres pour alimenter tous les « BBQ » Mais étant donné que l’île de Tanna ne compte que 3000 habitants environ pour une superficie de 565 km2, la coupe du bois est bien largement inférieure par rapport à la repousse naturelle des différentes espèces d’arbres coupés (s’ils ne sont pas replantés d’office !)
Et puis, nous avons quitté Tanna et sommes allés à la « capitale », Port Vila, sur l’île d’Efaté. Quand on parle d’agglomération ou de grosse ville, cela est forcément synonyme de pollution. Et bien à Port Vila non ! C’est notre capitale préférée de toutes les capitales du Pacifique. Cela ne veut pas dire que l’on aime ; si on peut éviter la ville, on le fait avec plaisir. Mais il faut reconnaître que Port Vila est étrangement peu polluée. Au mouillage, qui reste un port et qui se situe à 50 m devant le marché, nous nous baignons tous les jours en admirant même le fond de l’eau cristalline et ses coraux ! Oui, à 5m on y voyait ! Chose hallucinante car dans tout autre port du monde, on y voit pas à plus de 2 cm !!!
Toujours depuis le bateau, on reste sur le cul en entendant que faiblement le bruit de la civilisation et dès 19h, plus un son si ce n’est celui de quelques oiseaux retardataires...
A terre, même constat, les trottoirs sont nettoyés et propres, dans les supermarchés, ils ne distribuent plus à tire-larigot des sacs plastiques si polluants (les cartons sont beaucoup mieux). Mieux, même au marché, il faut avoir le panier local tissé dans des feuilles de cocotiers, sous peine de porter les fruits a bras le corps, ou d’en acheter dans des petits stands spécialisés en… vente de poche plastique !!! Le peu de sacs obtenus au compte-goutte sont fabriqués en matière biodégradable.
Ah que c’est bon de vivre dans un pays qui pense à son avenir. Si tous les pays en prenaient conscience et mettaient en place une politique écologique. Si l’on pouvait avoir dans chaque gouvernement, un ministre écologique actif, je veux dire un vrai, pas une marionnette que l’on met là juste pour faire beau en attendant mieux. Non, vous savez, un mec qu’on écoute, qui pond des lois et qui seraient appliquées, même si c’est au détriment d’une « qualité de vie » à court terme, ou contre la terrifiante « croissance » de marché.
Ah monde utopique, que c’est bon de rêver. Voyager pour croire que si un jour on revient, les choses auront changé…
Le mot hébreu, le mot " Timshel " -Tu peux - laisse le choix . C'est peut être le mot le plus important du monde. Il signifie que la route est ouverte. La responsabilité incombe à l'homme, car si " tu peux ", il est vrai aussi que " tu peux ne pas "
STEINBECK dans "Ã l'est d'eden"
A NOUMEA
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